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Chaque édition (numéro) du bulletin électronique… l’article de catégorie bulletin comprend la couverture et le texte de préface de ce bulletin (qui apparaîssent dans le catalogue des différents bulletins). Cet article doit comporter en mot-clé son numéro de bulletin et aussi un champ personnalisé intitulé « numéro » contenant également son numéro de bulletin.

Préface 41

La programmation 2018-2019 de LA CHAMBRE BLANCHE a été marquée par des préoccupations esthétiques qui vont de l’intime à l’infiniment grand. Pour la première partie de la programmation, Michela Mariani et Anna Mitjà Comas explorent la représentation de soi dans la photographie et le cinéma. Pour la seconde partie, Amélie Laurence Fortin et le duo formé de Louis-Robert Bouchard et Franck Soudan s’intéressent plutôt aux domaines des sciences et des technologies. LA CHAMBRE BLANCHE a invité l’autrice Julie Théberge à réfléchir sur la production des artistes en résidence pendant cette période.

Pour la résidence de Michela Mariani, Théberge souligne le travail de collection qu’a entamé l’artiste italienne en recueillant des selfies ou des moments d’intimités sur les comptes Instagram d’usagers provenant de la ville de Québec. Ces manipulations de l’image de soi et du quotidien permettent d’interroger ce qui est en montre sur les réseaux sociaux.

Après les archives photographiques, la Catalane Anna Mitjà Comas présente un travail cinématographique. Pour sa résidence, Mitjà a produit plusieurs itérations de son travail filmique présentées sous forme d’un laboratoire exploratoire sur la projection, l’impression 3D et la découpe numérique. Les expérimentations qu’elle a développées à l’aide de la machinerie assistée par ordinateur ont été élaborées à partir de son film Les Pedres/Stones. Le passage de l’adolescence à l’âge adulte est un thème important dans la recherche de l’artiste tant sur le plan cinématographique que dans ses explorations plastiques.

Par la suite, c’est le travail d’Amélie Laurence Fortin qui occupe la galerie. Étant fascinée par le rapport entre l’humain et le cosmos, Fortin explore les concepts scientifiques tels que la gravité, la vibration, la diffraction et le mouvement. En 2017, l’artiste fait partie d’une expédition réunissant scientifiques et artistes en route vers l’Arctique. Les recherches qu’elle a entreprises lors de cette expédition lui ont permis d’acquérir un matériel audio et visuel qui a été utilisé pour sa résidence. Plus particulièrement, son travail sonore fait référence aux investigations qu’elle a entreprises sur les phénomènes physiques présents dans l’univers. Entre l’Arctique et le cosmos, un dialogue s’installe et nous amène à une dimension grandiose qui transforme notre rapport au temps et à l’espace.

Enfin, le duo formé de Louis-Robert Bouchard et de Franck Soudan a produit une machine inspirée du télégraphe de Sömmering pour générer des poèmes issus de la base de données Gutenberg en libre accès. D’une part, l’immatérialité de ce projet est présentée sous forme d’une logique combinatoire permettant une sélection de textes poétiques. D’une autre part, l’information inscrite sur papier nous interroge sur l’aspect sensible et éphémère de l’information. Ce rapport à la littérature numérique et au texte imprimé promeut une nostalgie et un romantisme de la poésie exprimé par le dispositif.

Préface 40

L’année 2017-2018 a été foisonnante pour LA CHAMBRE BLANCHE. Dans ce bulletin, l’auteure Anne-Sophie Blanchet nous fait découvrir l’univers des artistes qui furent de passage dans notre centre. En septembre 2017, elle a rencontré Marco Casella qui a travaillé sur la constitution d’un paysage à entendre, à voir et à imaginer. Lors de ses déplacements aux quatre coins de la ville de Québec, l’artiste a traduit les lieux visités en sons afin de synthétiser l’espace urbain. Quelic Berga a pour sa part transformé la galerie en laboratoire de recherche. Il a œuvré à l’élaboration d’un logiciel de montage filmique rhizomatique à partir de diverses données réelles. On retrouve un intérêt similaire pour les données et l’art numérique dans le travail d’Owen Chapman et Peter Sinclair. Ces deux artistes ont uni leur potentiel autour de la création d’un projet axé sur la mobilité en milieu urbain. En collaboration avec le projet Futur DiverCities de Seconde Nature, un partenariat entre l’Europe et le Québec, ils ont conçu des avatars inspirés des déplacements dans la ville des divers participants. Pendant le Mois Multi, l’artiste Pavitra Wickramasinghe a produit une installation remémorant la mer. Elle a froissé, plié et coupé du papier par diverses méthodes. L’accumulation des objets de papier dans la galerie rappelle le mouvement des vagues. L’année s’est terminée sur l’installation de l’artiste engagé Pan Wang lors d’un échange entre le Québec et la Chine. Il a exposé dans la galerie de LA CHAMBRE BLANCHE les artefacts d’une performance filmée sur la terrasse Dufferin. Par sa présence dans ce lieu emblématique et touristique de la ville de Québec, il a voulu souligner l’impossibilité de poser de tels gestes dans son pays.

Préface 38

LA CHAMBRE BLANCHE propose toujours des résidences in situ fondées sur la relation de l’œuvre avec le lieu. De 2014 à 2016, conformes à ce mode, quatre projets explorent en sus la relation parfois trouble de l’individu à son environnement.

À l’automne 2014, Nancy Samara Guzmán Fernández et Rodrigo Frías Becerra s’introduisent dans l’univers bureaucratique des employés du gouvernement qui s’éparpillent chaque jour sur les 31 étages de la tour Marie-Guyart. Les artistes mexicains, louvoyant à travers les paravents formant des isoloirs de travail, effleurent au passage quelques plantes vertes censées animer le décor figé sous un éclairage artificiel. Ces végétaux, Not Wild, But Still Life, que l’on peut voir dans les fenêtres, donnent une impression conviviale de l’édifice, mais en réalité, tout y est ordonné pour maintenir les travailleurs dans un environnement avant tout fonctionnel.

En 2015, le programme d’échange Vice Versa de Transcultures tissait un réseau de résidences entre le Web, Québec et Mons. Jumelés dans ce contexte, Alice Jarry (Montréal) et Vincent Evrard (Liège) ont réalisé une installation inspirée par la diffraction qui explore et «met en lumière» ce phénomène au moyen de verre, de mécanismes et de dispositifs électroniques. Selon les co-créateurs, Lighthouses est à la fois plastique, métaphorique et poétique, car l’oeuvre reflète ce processus par lequel la lumière est déviée ou diffusée en faisceaux de couleurs distinctes lorsqu’elle rencontre un obstacle: à l’image de leur méthodologie de travail, de leur matériau et de ce qui survient dans leur collaboration et le lieu de création.

En 2015 également, la Canado-Mexicaine Michelle Teran poursuit sa recherche sur les perturbations dans l’environnement urbain (précédente résidence 2006). Animée cette fois par la problématique du logement social et de la Mixité urbaine, elle explore le centre-ville de Québec. Cinq organismes concernés par cette question lui ouvrent leurs portes. Elle documente en vidéo leurs activités, leur mission et des cas de figure. Ces vidéos alimentent une discussion autour des enjeux auxquels cette «sociologue de l’art» désire sensibiliser le public.

Au printemps 2016 enfin, l’artiste thaïlandais Jedsada Tangtrakulwong doit s’ajuster à notre hiver persistant. Au fil de ses déambulations dans la froidure de l’environnement, il est fasciné de voir comment la municipalité a imaginé d’emmailloter les arbres pour les protéger. Son installation Adjust reproduit en galerie cette manière d’être créatif pour survivre. Tout devient affaire d’ajustement, en art comme en horticulture.

Préface 37

La 37e édition du Bulletin propose un regard critique sur l’espace physique de la résidence, sur la relation qu’entretient l’objet avec le son et sur la dimension ludique et performative de la vidéo et du cinéma.

Lors de l’automne 2012, l’artiste brésilienne Karina Montenegro met en scène un jardin intime qui relate son expérience de la résidence. Les sculptures géométriques projettent une ombre au mur disloquant ainsi la relation au temps et au lieu qu’habitent l’artiste et les visiteurs. Pour Miguel Monroy, le contexte de résidence devient un lieu performatif et une mise en abîme. Les membres de l’équipe de LA CHAMBRE BLANCHE et l’artiste interviennent dans l’espace physique et vidéographique afin de revendiquer le côté matériel et immatériel de la recherche. En 2013, l’artiste japonais So Kanno crée des phénomènes sonores et visuels avec des objets ingénieusement fabriqués. Le bourdonnement et la pulsation sont perceptibles dans l’acoustique singulière du lieu. Ensuite, Bruno Caldas Vianna construit des dispositifs captant l’image et le temps. Il s’interroge sur le processus de la camera obscura en reconstituant l’instrument optique primitif avec de l’outillage numérique. En 2014, l’artiste croate, Božidar Jurjević, propose d’abord un regard rétrospectif sur son travail de performance. Par la suite, il expérimente les oppositions du milieu méditerranéen avec le milieu nordique par l’entremise des pratiques en arts visuels et des pratiques en arts numériques. Au cours de la même année, l’artiste montréalais Emmanuel Lagrange Paquet explore le cinéma dans une perspective interactive et ludique. Pour Jurjević, l’aspect performatif du travail est maintenu par l’artiste, alors que pour Lagrange Paquet, les visiteurs sont invités à performer l’œuvre par l’intermédiaire d’un dispositif ludique issue des jeux vidéo. Le concept de performance prend un sens différent du corps à l’utilisation des nouvelles technologies.

L’ouverture sur l’espace, le son, le corps et l’objet de la programmation 2012-2014 marque une fois de plus l’apport critique de LA CHAMBRE BLANCHE dans la communauté artistique autant sur la scène locale que sur la scène internationale.

Préface 36

Dans ce 36e numéro du bulletin, les quatre artistes sélectionnés ont transformé de différents paysages et ambiances l’environnement de LA CHAMBRE BLANCHE. La saison débute avec l’artiste Silvia Camporesi qui s’intéresse à la nature en sillonnant la ville de Québec. Les paysages qu’elle nous présente prennent diverses formes qui juxtaposent la nature à la technologie numérique. La temporalité des médiums employés (le temps de l’image fixe et le temps de la séquence filmique) dévoile des panoramas complexifiés par la transformation qu’en a faite l’artiste. L’idée de la temporalité est aussi présente dans le travail de Pablo Rasgado, second artiste présenté ici, qui explique, dans une brève vidéo, la recherche qu’il a entreprise afin de faire « sortir les fantômes du passé » des archives et des murs du Centre d’artistes. L’auteure Dominique Lepage nous transporte dans une réflexion portant sur l’expérience de l’artiste dans l’enceinte de la galerie. Dans sa réflexion, il est question de la manière dont l’artiste utilise les murs qui deviennent les artéfacts des anciennes expositions, révélant ainsi le passé par les traces retrouvées. Il s’agit là d’une présence temporelle particulière, reliée à l’histoire et à la mémoire du lieu. Takao Minami nous invite, quant à lui, à l’intérieur du road movie en mettant en scène sa propre réalité de marcheur sur la rue Christophe-Colomb qui borde LA CHAMBRE BLANCHE. Il entreprend de nous faire parcourir cette rue de manière à ce que la vidéo prenne la forme de sa démarche, de sa cadence, comme une musique. À travers différents référents cinématographiques, l’auteur Guillaume Lafleur nous interroge sur les rapports que nous entretenons avec le territoire traversé, évoquant les superpositions du trajet parcouru par l’artiste. Pour clore ce bulletin, l’entrevue de Marc Dulude par Pascale Bédard nous laisse entrevoir l’espace idéel de l’artiste. Nous rencontrons sa vision de l’art et de la création. Nous entrons dans un état d’esprit ou le temps de la production et de la réflexion se rencontre en un seul lieu; l’atelier expérimental mis en place par l’artiste lors de sa résidence.

Préface 35

Faire partie du monde – habiter ses contingences précaires.

Nous sommes faits de ce que nous voyons, des lieux que nous habitons, fréquentons ou fabulons. Alors que notre monde actuel concourt à nous convaincre que tout est finitudes plutôt que potentialités ouvertes et plurielles, les artistes et auteurs de cette 35e édition des Bulletins de LA CHAMBRE BLANCHE sont conscients que les espaces qui nous environnent nous façonnent et mettent en œuvre notre pensée poétique.

Lors de son séjour à Québec, Paolo Angelosanto habite la résidence de création de façon modulaire, abordant la création telle une suite de vases communicants qui le fait cheminer entre performance, sculpture et installation. Luis Armando García puise sa force d’agir dans d’autres formes d’envoûtement : la résidence de création hors de son Mexique natal, la traversée de nouveaux climats environnementaux, politiques, sociaux  et territoires affectifs. Pour ébranler la complétude de notre monde hyperspécialisé, nous pouvons, comme Raphaëlle de Groot, tenter d’éprouver le poids des objets qui composent notre monde, collectionner les artéfacts et construire un inventaire sensible. C’est un étonnant dialogue entre le matériel et l’immatériel qui traverse également l’installation vibratile de Jonathan Villeneuve réalisée à LA CHAMBRE BLANCHE.

Nous nous tenons devant la pluralité de ces propositions comme devant une multitude de mondes flottants nous portant aux confins d’imaginaires limitrophes : dépaysement et reliefs géographiques, cartographies improbables, intimes et inventaires d’artéfacts bigarrés. Tant de micromondes chargés de poésie nous invitant à revoir nos habitudes de regard sur le réel.

Préface 34

Matière à réflexion

La matérialité, dans son essence et son sens, est au centre des préoccupations des trois artistes présentés dans ce bulletin, qui l’utilisent à des fins de symbolisation. Elle apparaît dans les effets de soustraction et de transformation du bois de l’installation de John Cornu, dont le travail à LA CHAMBRE BLANCHE s’est effectué dans la menuiserie avant de prendre forme dans la galerie. Ses œuvres occupaient deux espaces distincts, dans l’un d’eux, une sculpture qui évoquait l’idée contemporaine de la ruine et de la destruction et dans l’autre se trouvait un hommage au sculpteur Pierre Paquin devenu aveugle, avec qui il discute et échange régulièrement. L’auteure Emma-Charlotte Gobry-Laurencin évoque l’œuvre intitulée Je tuerai le pianiste en nous posant cette question, l’oeuvre serait-elle: «une expression du présent, une réponse à la réalité, un document-témoin participant de cette société du spectacle, une structure indicielle propre à notre époque?» La disparition de la matière est aussi perceptible dans le travail de Sarla Voyer, la deuxième artiste en résidence cet automne. Elle a reproduit sa ville natale, Québec, en utilisant des objets de verres cueillis à différents endroits. Les photographies de l’exposition donnent l’impression qu’il n’y a presque pas de matière ou qu’il s’agit d’une matière floue qui se fond au contexte et qui «laisse voir» l’intérieur d’un monde transparent, créant une ambiance d’intimité et de fragilité. Dans son texte portant sur le travail de cette artiste, l’auteure Marie-Hélène Leblanc donne le nom de Maison-mère à cette impression d’élan maternel qui fait partie de la réflexion de l’artiste et de sa quête. Pour clore ce bulletin, on peut voir se dessiner l’univers onirique de l’artiste Stefane Perraud qui travaille sur l’idée de la fragilité humaine. Le texte d’Eli Commins exprime bien l’ambiance dans laquelle nous plonge l’artiste qui tire son inspiration du livre de Didi-Huberman La survivance des lucioles. L’artiste nous invite à l’observation d’un monde nocturne en déployant dans l’espace une sculpture lumineuse représentant une nuée de lucioles, dont les illuminations invoquent pour lui l’ensemble d’un groupe social avec ses espoirs, sa fragilité.

Préface 33

En 2008-2009, les thèmes semblent s’interpeller d’une résidence à l’autre, quoique dans des registres fort différents : il est question de musique, de déplacement, de trace et de couleur. Erick d’Orion nous entraîne d’abord dans le déroutant parcours de sa Forêt d’Ifs, une expérience sonore et visuelle «hyperfluxienne». Le lieu assourdissant, visuellement angoissant, relève davantage du cauchemar que de la rêverie.

C’est au contraire la sensibilité et le raffinement du geste de Mamoru Okuno qui inclinent notre oreille vers la musique toute simple de notre quotidien. À travers des rituels relationnistes, l’artiste manipule des objets banals de la vie courante sur lesquels il attire notre attention afin de nous en faire entendre le langage.

À la fois méditative et ouverte sur le lieu, à la fois physique et métaphysique, l’œuvre de James Geurts est traversée par la fluidité et l’éphémérité de ses dispositifs et de ses formes qui sont des récits à propos du voyage, de l’eau et de rencontres humaines générées par l’espace de l’art.

C’est encore de déplacement, mais d’une autre nature qu’il est question dans The Unfinished Tour Québec City. Ici, c’est le déplacement de Gabriela Vainsencher en relation avec l’art de l’Autre et son milieu de résidence, mais aussi le déplacement de points de vue sur ou grâce à ses dessins, que l’on peut envisager comme des «projections illusionnistes» ou des traces de son expérience laissées sur le monde extérieur. D’autres traces nous sont offertes par Antonello Curcio À hauteur du regard. Son installation célèbre la matérialité du blanc et ses modulations. Un algorithme se déploie sur les murs en convoquant l’espace entier de la galerie : tantôt tridimensionnels, tantôt bidimensionnels, ses carrés monochromes se succèdent, résultat de minutieuses interventions de grattage, d’incisions, d’applications de pigment et de graphite.

Cette fois par la pulsion énergique du rouge, c’est encore de vibration de la couleur dont il est encore question avec Flow de Robbin Deyo. Lignes rouges sur fond blanc se poursuivent en inspirant et en expirant sur les murs, jusqu’à l’hallucination.

Préface 32

Le concept d’espace « pratiqué », élaboré par Michel de Certeau, trouve toute sa pertinence en regard de la saison 2007-2008 de LA CHAMBRE BLANCHE. C’est bien de déplacements constructifs et de renversements perceptuels dont il est question, cela dans l’espace successivement transgressé, ritualisé, fuyant, naturalisé et réactualisé au cours des cinq résidences qui s’y sont succédées, chacune exigeant une posture différente de la part des regardeurs qui «pratiquent» le lieu à travers les oeuvres.

Fnoune Taha jette un éclairage philosophique sur la démarche de Virginia Medeiros. L’oeuvre À contre-sens de l’artiste brésilienne porte sur la transgression des genres et des classes sociales. Des vidéos, tournées dans un quartier défavorisé de Salavador, présentent les parcours détournés de deux marginaux, Simone et Preta.

Jean-Pierre Guay relate le dernier voyage de Gabriela Garcia-Luna, Universos relativos, véritable rite de passage en trois temps par lequel l’artiste mexicaine apprivoise le décès de son père. Il s’agit de « suspendre le temps » pour se rendre ailleurs en traversant la réalité présente.

Avec Possible Worlds, une espèce de chantier en construction, l’artiste Erik Olofsen s’emploie à déconstruire notre perception de l’espace. Annie Hudon Laroche souligne comment l’artiste réalise des espaces toujours « fuyants », entre fiction et réalité, au moyen de mises en abîme, de dédoublements, de juxtapositions.

Dans Le banquet de Ivana Adaime Makac, des sculptures végétales sous verre sont animées par le chant des grillons: six espaces clos retournés sur la lenteur de petits mondes conjuguant la vie et la mort, convoquant « le délicieux ou l’abject ». Dans son texte, Denis Lessard rappelle le rapport des insectes avec la création.

Sébastien Hudon parcourt les Exils intérieurs de l’artiste belge Els Vanden Meersch. Dans la salle d’exposition et dans une espèce de « bunker » noir, des photographies d’intérieurs déserts, à la fois étranges et familiers, instillent une angoisse irrépressible: leur dépouillement glacial évoque la rigidité stérile du totalitarisme.